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Performance Sculpture

working hard on working less

2026 | vendredi 15 mai – mardi 30 juin
Performance Sculpture
Exposition actuelle

working hard on working less

2026 | vendredi 15 mai – mardi 30 juin

Temps forts

Vernissage

mercredi 13 mai | 18:30
Performance Sculpture
« Ne travaillez jamais » — Guy Debord, 1968

Dès l’entrée, le ton est donné : « Broom is a Broom is a Broom » Le balai est le personnage principal de cette exposition, et il est multiple. Il est un balai, un outil de travail simple, modeste et plutôt efficace ; on en voit le résultat dans la vitrine à la fin de l’exposition, où des pelles exhibent les déchets récoltés durant les travaux dans l’atelier de l’artiste. Mais chez Clio Van Aerde, le balai dépasse largement sa fonction utilitaire : Il est aussi un ready-made ou un objet manufacturé avec soin,  élevé au statut d’œuvre d’art.

La présence universelle du balai dans tous les ménages, ateliers, échoppes et autres lieux de travail l’a rendu banal, presque sans intérêt face aux nouveaux outils contemporains, souvent beaucoup plus bruyants et moyennement efficaces.

Dans son travail, Clio Van Aerde lui redore le blason ; en le sublimant, elle lui confère une force poétique et une beauté indiscutable. Il change de statut. Il devient une entité pensée, posée sur un socle ; il est sculptural, totem, artefact, objet de désir. Inspirée par les rares manufactures de balais qui survivent, Clio Van Aerde sculpte des objets précieux prêts à rejoindre une collection d’art.

Mais entre les mains de l’artiste, le balai devient aussi un messager critique. Il nous interroge sur notre rapport au travail et sur cette soi-disant « valeur travail » omniprésente dans notre société. Dès notre plus jeune âge, on nous bassine avec des injonctions du type : « Travaille bien à l’école pour avoir un bon emploi et gagner ta vie ! » Personne ne semble remettre en question cet acharnement au travail et cette idéologie de la performance, car le travail, c’est la santé, n’est-ce pas ?

Pourtant les signes d’épuisement se multiplient, les burn-out explosent, la revendication d’une meilleure work-life balance est sur toutes les lèvres, et le working hard on working less de l’artiste est plus que jamais d’actualité. Nous sommes devenus des workaholics obsédés par la productivité et craignons de rejoindre les rangs des working poor. En 68, à une époque où les anglicismes n’avaient pas encore envahi le langage courant, Guy Debord écrivait sur les murs : « Ne travaillez jamais ! » Un slogan radical, certes, mais aussi un cri de libération face à un système qui nous pousse à travailler toujours plus pour consommer toujours plus, souvent au détriment du temps, du corps et du sens même de nos vies.

Les œuvres de Clio Van Aerde  traduisent ce questionnement avec subtilité, ironie et sensibilité. Chaque balai semble porter en lui une condition humaine. Le balai qui s’effondre s’intitule « Lidderhanes » ; celui qui tente de se reconnecter à la nature de son manche se nomme « Aliénation » ; et celui, plié en deux à force de travailler, porte le titre évocateur de « Coup de barre ». Le regard de l’artiste est sévère, mais jamais dénué d’humour. « Assemblée générale » nous fait sourire, tandis que le fameux « Tripartite », avec ses trois manches pour une seule brosse, illustre à merveille — et avec beaucoup de dérision — la quasi-impossibilité de trouver un accord pour balayer efficacement avec un tel outil. À travers ces assemblages, Clio Van Aerde révèle les contradictions du monde du travail : coopération forcée, épuisement, absurdité des structures collectives, perte de sens, mais aussi solidarité potentielle.

L’artiste rend également hommage à celles et ceux dont le travail demeure invisible bien qu’essentiel. Derrière chaque espace propre et ordonné se cachent des gestes répétitifs, physiques et souvent peu reconnus, accomplis majoritairement par des femmes. En cela, son travail dialogue avec celui de Mierle Laderman Ukeles, pionnière de l’art de la maintenance, qui publia en 1970 son célèbre Manifesto for Maintenance Art. Ce texte fondateur attirait l’attention sur les tâches de nettoyage, d’entretien et de soin, généralement exclues du champ artistique et socialement dévalorisées.

Comme Ukeles, Clio Van Aerde transforme ces gestes ordinaires en actes artistiques. Ses performances, à la fois pragmatiques et chorégraphiques, exigent un engagement physique réel. Le corps au travail y devient visible ; l’effort n’est plus dissimulé mais exposé. Ainsi, les actes de maintenance quittent l’ombre pour accéder à un espace de reconnaissance esthétique et politique.

La présence du portrait de l’artiste en tant performeuse fait référence à sa recherche nommée « work it » menée depuis 2023. À travers des actes performatifs, cette démarche explore le potentiel du mouvement, où le corps et l’outil entrent en résonance. Le geste devient un espace d’intelligence  dans lequel l’action, la perception et l’outil participent à un même processus de création.

Dans working hard on working less, Clio Van Aerde ne se contente pas de détourner un objet du quotidien. Elle propose une réflexion profonde sur la fatigue contemporaine, la valeur accordée au travail et les mécanismes invisibles qui structurent nos vies. À travers ces balais tantôt héroïques, tantôt épuisés, tantôt absurdes et ses peintures au balai, l’artiste compose une exposition sensible et engagée où humour, critique sociale et poésie se rencontrent constamment.

Expositions passées

  • Performance Sculpture

    working hard on working less

    2026 | vendredi 15 mai – mardi 30 juin
  • Installation Sculpture

    Exposition « The World Is A Stage » de Robin Bigret et Arthur Delhaye

    2026 | mercredi 18 mars – jeudi 30 avril
  • Art & Design Sculpture

    15e salon international d’Art Contemporain

    2026 | samedi 7 février – jeudi 5 mars

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Située au 2e étage, la Galerie d’Art du Théâtre d`Esch-sur-Alzette joue un rôle fondamental dans le paysage artistique luxembourgeois. Son engagement dans la promotion de l’art contemporain se traduit par une volonté de se concentrer exclusivement sur les artistes émergents locaux, qu’ils soient résidents ou appartenant à la Grande-Région. Cette catégorie inclut des talents de tous âges qui sont en train de développer leur carrière artistique.
La Galerie du Théâtre d’Esch-sur-Alzette leur offre une visibilité cruciale au début de leur parcours professionnel en les exposant. La diversité des médiums tout comme le caractère inédit et rafraichissant des œuvres sont les bienvenus afin d’enrichir et d’encore plus dynamiser la scène artistique luxembourgeoise.

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